Cuba

La minute culture đź“š

A Cuba, il y a bien sûr les plages et les mojitos, mais aller à Cuba sans s’intéresser à l’histoire du pays c’est impossible (ou du moins très, très dommage !).

On sait que les Cubains et les AmĂ©ricains se font la tĂŞte, on sait aussi qu’il y a pourtant plein de belles voitures amĂ©ricaines qui sillonnent les routes de l’île et que certains ex-dirigeants du pays sont mondialement cĂ©lèbres…

Ce que peu de gens savent en revanche, c’est le lien entre tous ces Ă©lĂ©ments. C’est le moment de dĂ©crypter!

Les Etats-Unis et Cuba : on s’aime, on s’aime pas?

Avant 1958 : « On s’aime Â»

Dès 1940 c’est Batista qui est au pouvoir à Cuba et lui, il s’entend plutôt bien avec les Etats-Unis.

Du coup, il laisse les amĂ©ricains se mĂŞler aux affaires de pays. Ces derniers construisent d’ailleurs une base navale Ă  Cuba et profitent du sucre, du rhum et des plages (pourquoi se priver) !

Après 1958 : « On s’aime pas Â»

Sauf que, soucieux de rester ami avec l’oncle Sam, Batista délaisse son peuple qui voit d’un mauvais œil l’occupation de l’île par les Américains.

La tension monte et un petit groupe révolutionnaire voit le jour avec à sa tête Fidel Castro aidé par la suite de son ami Che Guevarra…

Après plusieurs annĂ©es d’opposition (on parle de « guĂ©rilla Â»), le gouvernement de Batista est renversĂ© par le peuple. ✊

Fidel prend alors la tête du gouvernement en 1959 et remballe les américains.
Pour enfoncer encore un peu le clou, Fidel se tourne vers l’ennemi jurĂ© des Etats-Unis : l’URSS (l’ennemi de mon ennemi est mon ami).

A ce stade, il est clair que les AmĂ©ricains prĂ©fĂ©raient « comment c’était avant Â». Ils tentent donc de renverser Castro.
On parle du très célèbre débarquement de la baie des cochons, du nom de l’endroit où les américains ont débarqué tout simplement.

Le dĂ©barquement est un Ă©chec et Fidel reste au pouvoir, encore plus fâchĂ© contre les amĂ©ricains qu’avant !

De plus, l’URSS en profite pour rentrer dans le tableau : prétextant de protéger leurs nouveaux amis cubains, ils installent à Cuba des rampes de missiles à tête nucléaire capables d’atteindre les Etats-Unis. En réalité, ça les arrange plutôt bien car les Etats-Unis disposaient en Turquie de rampes de lancement de missiles menaçant… l’URSS.

La tension monte entre l’URSS et les Etats-Unis qui n’ont jamais Ă©tĂ© en très bons termes. Certains disent mĂŞme que l’on frĂ´le la guerre nuclĂ©aire !
Heureusement, la Russie finit par accepter de démanteler les rampes à Cuba si les Etats-Unis démantèlent les leurs en Turquie.

Mais les Etats-Unis n’en restent pas là avec Cuba : On est en 1962 et Kennedy, alors président des Etats-Unis, déclare le fameux embargo. En gros : « puisque c’est comme ça, on coupe tous les ponts avec Cuba».  Interdiction donc de vendre ou d’acheter avec l’île et plus question de partir en voyage sur les belles plages de Cuba.

On pourrait croire que tout le monde rentre chez soi et que c’est très bien comme ça. En réalité, Cuba se trouve alors complètement isolé et il devient de plus en plus difficile de trouver certaines denrées.

Entre 1998 et 2016 : « On se tolère»

Sous Bill Clinton et Barack Obama, l’embargo est un peu assoupli : l’importation alimentaire vers l’île est autorisée, les Cubains vivant aux Etats-Unis peuvent aller une fois par an à Cuba et l’importation du tabac et du rhum est autorisée.

En 2017 : Â« On se boude Ă  nouveau Â»

Trump est alors président aux Etats-Unis et possède un avis sur tout. Les liens avec Cuba ne font pas exception à cette règle …

Il dĂ©cide alors de durcir le dialogue progressivement entamĂ© par son prĂ©dĂ©cesseur en s’opposant Ă  la levĂ©e de l’embargo (mĂŞme si assoupli, il Ă©tait toujours lĂ  !) en interdisant les transactions avec certaines entitĂ©s cubaines très prĂ©sentes dans le tourisme (le secteur le plus rentable de l’île).

Bref, il piĂ©tine les efforts mis en place par l’administration Obama qui visaient Ă  “faire la paix” avec Cuba.

Sur place, les Cubains pourront vous dire que cette décision a bel et bien eu un impact sur leur confort de vie. A nouveau boudés par les Etats-Unis, ils manquent de beaucoup de denrées utiles dans la vie de tous les jours (savon, langes, shampoings, smartphones, … ).

Et Guantanamo dans tout ça ?

Le camp de Guantánamo est une prison militaire AmĂ©ricaine localisĂ©e… sur le territoire Cubain !

Les Etats-Unis sont suffisamment vastes pour mettre des prisons chez eux, mais le fait d’avoir une prison hors de leur territoire leur donne une bonne excuse pour ne pas y appliquer les lois américaines.

On aurait pu croire que lors de la révolution cubaine, la prison aurait fermé.
Mais non ! Cuba et les Etats-Unis sont liĂ©s par un contrat de location de la baie de Guantanamo qui date de 1903 et qui ne peut ĂŞtre rompu que si les deux parties l’acceptent. Incroyable mais vrai…

Autrement dit, même si Cuba voulait récupérer ses terres, il leur est légalement impossible de le faire si les Etats-Unis refusent (et c’est bien ça qui se passe).

Pour l’anecdote, le loyer que les Etats-Unis payent Ă  Cuba s’élève Ă  4 085 $ par an ! Des cacahuètes quoi 🥜.
Cette somme a d’ailleurs toujours Ă©tĂ© refusĂ©e par Fidel Castro en guise de contestation de la situation.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *